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Contributions au 34e congrès du Pcf
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Jacques CROS Section de Béziers Contribution au 34e congrès (qui ne sera certainement pas prise en compte...)
Le déclin continu et aujourd’hui dramatique du parti communiste français, que ce soit en termes de résultats électoraux, de vieillissement et de désaffection des militants, de non fonctionnement des cellules… a nécessairement des raisons. Qu’il me soit permis de donner mon appréciation à partir de mon vécu. J’étais encore en activité pendant une bonne partie de la période du gouvernement de la gauche plurielle. J’avais des responsabilités syndicales modestes mais réelles dans mon secteur professionnel. Pour tout dire, j’étais responsable de la section SNES de mon collège. A ce titre, je percevais la dégradation de la situation sociale et le mécontentement qui en découlait. J’essayais de transmettre mon sentiment. J’ai toujours eu l’impression que j’étais reçu par les responsables du parti communiste que je côtoyais comme si j’arrivais de Patagonie. Il y a eu la fracture du 21 avril 2002. En latin on dit « Errare humanum est » mais on ajoute « perseverare diabolicum ». Hélas depuis, on a persévéré. On n’a jamais voulu prendre la mesure de l’ampleur de la crise à laquelle nous sommes confrontés, on n’en a pas cherché réellement les causes et a fortiori, on n’a pas proposé de remède. Le système soviétique a produit des Eltsine et des Poutine, le parti communiste français a produit quelques dirigeants que j’ai pu côtoyer qui ont eu pour ligne politique celle qui servait leurs ambitions de carrière, c’est patent dans l’Hérault et en Languedoc-Roussillon. Quoi qu’ait pu dire ou faire le président de région, il y a eu des élus communistes pour approuver, justifier, excuser (y compris la remise en selle de l’idéologie colonialiste et les dérives racistes qui l’on accompagnée)… quand ils n’ont pas été les porte-paroles de ses décisions. Au plan national, on a entendu « jusqu’après la fin » et même largement au-delà, des responsables nous vanter, contre l’évidence, le bilan du de la gauche plurielle. On a pu lire dans le procès-verbal des séances à l’Assemblée Nationale la proposition d’un député communiste visant à faire des victimes de la rue d’Isly des « Morts pour la France. » Pris la main dans le sac, le député concerné choisit de mentir quand on lui demande des comptes ! Que le système économique et social ait atteint ses limites historiques et ne soit pas à même de permettre de résoudre les problèmes auxquels l’humanité est confrontée ne les a pas effleurés. Pourtant, nous avons la chance d’avoir en France une référence : 1789. Il y avait un avant, l’Ancien régime avec le principe des privilèges, et un après qui les a abolis et qui a permis le développement de la nation. Apparemment, certains auraient dû redoubler quelque part, ils ne sont pas au niveau ! Si le parti communiste a joué un rôle positif dans le succès du NON au référendum du 29 mai 2005, on a entendu, dès la proclamation des résultats, un appel de la secrétaire nationale à l’union avec ceux qui venaient de se prononcer pour une structure plus efficace du capitalisme au niveau européen. On continue à entretenir la confusion sur la notion de gauche. Elle ne recouvre aucune réalité. On est révolutionnaire, c'est-à-dire qu’on souscrit aux changements qui s’imposent, ou on adhère au parti socialiste, voire à une ses variantes diverses qu’éventuellement on crée si on ne trouve pas chaussure à son pied parmi celles qui existent. Avoir des élus grâce aux voix socialistes ? Pour quoi faire ? Pour gérer de manière sereine les affaires de la bourgeoisie ? Personnellement, j’ai rapidement pris mes distances par rapport aux CUAL et autres Bové. Je ne suis pas loin d’avoir les mêmes réserves à l’égard de la LCR et de son dernier avatar, le NPA. Au lieu d’affronter la réalité de la crise profonde que traversent la France, l’Europe et le monde, il nous a été proposé « la mutation ». Ah, s’il s’était agi de prendre acte des nécessités de l’heure, nous aurions souscrit. Mais ce n’est pas cela qui a été présenté, c’est à la braderie des valeurs fondamentales que nous avons assisté. La direction du parti communiste n’est certainement pas seule responsable de ces abandons mais elle les a quand même encouragés. Pratiquement plus d’analyse et à plus forte raison d’action sur les questions de la paix et du désarmement. Depuis dix ans, le collectif pacifiste du Biterrois organise une Marche de la Paix pour commémorer le bombardement atomique d’Hiroshima et poser les problèmes actuels des relations internationales. Nous sommes à jeun d’avoir vu la participation d’un dirigeant départemental du Pcf à l’une de ces initiatives. Pour ce qui est de la viticulture, c’est silence radio. Aucun commentaire sur l’arrachage des vignes comme solution aux difficultés que connaissent les viticulteurs. Pourtant, il est patent qu’on a atteint un degré de plus dans l’aggravation des choses. Avec la distillation, on s’en prenait à la production, avec l’arrachage, c’est l’outil de production qu’on casse ! Ne parlons pas de la situation dans l’enseignement. Jusqu’en 2000, date de mon départ à la retraite, je pensais que les responsables du parti n’étaient pas au fait de la dégradation de l’Ecole et qu’ils ne savaient pas ce que signifiaient les propos d’Allègre. J’ai compris par la suite que cela ne les gênait pas trop. Union oblige ! La balle est dans votre camp. Tiendrez vous compte de ce que pensent les quelques militants qui sont restés fidèles à leur idéal ou continuerez-vous à les ignorer superbement ? Parce que pour ce qui est de la démocratie à l’interne, alors là, on aura atteint le fond ! Ceux qui ne sont pas d’accord avec une ligne que je qualifie de révolutionnaire évitent le débat, mais pour ce qui est de la magouille, vous pouvez leur faire confiance, ils restent actifs ! A Béziers, c’est presque de la caricature. Le record est peut être atteint avec L’Hérault du Jour dont j’enlève à peine la bande, mais c’est juste pour regarder le programme à la télévision ou pour voir comment ils ont trafiqué les textes que je leur ai envoyés. Même sur des points moins essentiels comme la question des langues régionales, on assiste à une coupure entre les élus et les adhérents qui se sont penchés sur le problème. Naturellement, les élus ont raison et les adhérents de base ont tort ! Continuons, un pied dans le vide, l’autre sur rien du tout. A l’instar de Vil Coyote, nous ne tarderions pas à chuter si nous n’étions pas si bas ! juillet 2008 |
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