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Contributions au 34e congrès du Pcf
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Gauche communiste du PCF Contribution au 34e congrès LA MONDIALISATION UNE REALITE EN EVOLUTION
Nous sommes à un degré de crise du capitalisme au niveau mondial qui ne peut pas trouver de solution par des réformes. Cette crise est de plus en plus insupportable pour les peuples comme en témoignent les émeutes de la faim un peu partout dans le monde, émeutes qui ne sont pas liées à une crise de production, mais à la spéculation qui a gonfler artificiellement les prix des manières premières, et notamment des produits alimentaires. Le capitalisme cherche actuellement à surmonter cette crise, quitte à s’enfoncer plus encore. Après la chute de l’Union soviétique et des pays d’Europe de l’Est, les Etats-Unis ont cherché à s’imposer comme la seule et unique force au monde. L’impérialisme américain a alors déclenché une série de guerres : première guerre d’Irak, agression de l’OTAN contre la Yougoslavie pour aboutir à son démantèlement, guerre d’Afghanistan justifiée par les attentats du 11 Septembre au nom de la « lutte contre le terrorisme », deuxième guerre d’Irak. Expression de leur toute puissance militaire et politique, ces guerres avaient également pour objectif de relancer l’activité économique des principales firmes militaires américaines. Elles ont permis au lobby militaro-industriel de réaliser des profits importants. Cependant, ces guerres à répétition n’ont pas permis de maintenir le leadership économique des Etats-Unis. En effet, si les Etats-Unis restent la première puissance militaire mondiale – malgré leur enlisement en Irak et en Afghanistan – l’économie américaine est en grande difficulté. Les Etats-Unis sont le pays le plus endetté au monde. C’est le système financier international qui finance le déficit américain, pour empêcher un effondrement général. L’industrie américaine est en crise depuis une vingtaine d’années : le pays se désindustrialise grâce à la politique de délocalisation systématique menée par les grandes entreprises américaines dans tous les domaines d’activité (automobile, textile, agroalimentaire, informatique, etc.), plongeant dans la misère d’une fraction importante de la classe ouvrière américaine. Le système financier est gravement ébranlé par des crises boursières à répétition (crise asiatique des années 90, crise de la bulle internet, …) La dernière crise en date, celle des "subprimes", contribue à fragiliser plus encore le système bancaire américain. Au delà, c’est le système bancaire mondial qui est touché, comme en témoignent les résultats rendus publics par plusieurs grandes banques d’affaires internationales, notamment en Europe. Deuxième élément de réflexion, l’émergence de la Chine sur la scène économique internationale. Contrairement aux pays de l’Est, dont le dépeçage a permis au système capitaliste de bénéficier d’une goulée d’oxygène dans les années 90, l’émergence de la Chine comme acteur économique ne se fait pas au profit de l’impérialisme occidental. Au contraire, la Chine s’impose de plus en plus comme un concurrent sur la scène internationale. Non seulement « l’ouverture » de la Chine est grandement contrôlée par le gouvernement chinois qui ne laisse pas les firmes internationales s’installer comme elles le veulent, mais la Chine s’impose comme un partenaire des pays émergents partout dans le monde – Asie, Afrique notamment –, partenaire qui concurrence les puissances impérialistes traditionnelles que sont l’Europe, les Etats-Unis et le Japon. La Chine développe une politique d’échanges visant à lui assurer un approvisionnement sûr en matières premières et en énergie, contre une aide au développement. On a beaucoup glosé sur la Chine comme atelier du monde, mais il faut appréhender le développement de la Chine dans toutes ses dimensions. Aujourd’hui, ce pays d’un milliard trois cent mille individus est en passe de devenir la première puissance économique mondiale. Cela ne se fait pas sans contradictions : d’une part, on assiste à la restauration du capitalisme en Chine, avec l’émergence d’une bourgeoisie nationale qui exploite le peuple de manière effrénée. D’autre part, la Chine joue indéniablement un rôle de frein au développement de l’impérialisme américain. L’Europe occidentale a construit ces dernière décennies l’Union européenne. Conçue dans un premier temps comme un rempart à l’Union soviétique, elle est devenue dans un deuxième temps outil de domination capitaliste contre les peuples. Par ailleurs, elle poursuit son rôle de rempart face à l’est : la Russie de Poutine, redevenue un acteur économique et diplomatique après la période Eltsine, étant le nouvel ennemi à abattre. Sans comparer le redressement de la Russie à l’émergence de la Chine, il faut bien mesurer que la Russie, même amoindrie d’une fraction de son territoire, même appauvrie après le pillage de ses ressources, redevient un acteur de premier plan en Europe. La dernière tentative en date de l’administration Bush d’installer des bases anti-missiles contre la Russie ne laisse pas de doute là-dessus. L’Union européenne, compte tenu de son implication dans le système financier international, n’échappera pas à une crise de grande ampleur en cas d’effondrement du système. Concernant l’Amérique Latine, la situation est extrêmement intéressante. Après avoir été l’arrière-cour des Etats-Unis, les pays d’Amérique Latine ont basculé dans leur majorité à gauche. La résistance de Cuba, depuis bientôt 40 ans, dans un environnement régional et mondial hostile, a maintenu un espoir dans cette région du monde. S’il existe aujourd’hui des expériences progressistes comme le Venezuela, c’est grâce à l’expérience cubaine. Les deux situations les plus intéressantes, celle de Chavez au Venezuela, celle de Evo Morales en Bolivie, créent un véritable espoir dans le monde. Elles montrent, si besoin en est, que la seule manière d’obtenir des avancées sociales, politiques et économiques véritables, reste l’instauration d’un rapport de forces contre les bourgeoisies nationales. L’intelligence des nouveaux dirigeants sud-américains est d’avoir compris qu’il fallait étendre la résistance économique et politique au delà du cadre national : la création de l’ALBA est une étape importante dans la construction de cette résistance. L’Afrique, enfin, est le terrain privilégié de l’impérialisme. A l’exception de l’Afrique du Sud, et des pays du Maghreb, l’Afrique s’enfonce dans la déstructuration de ses Etats, le pillage de ses matières premières au profit de multinationales, l’arrêt de tout développement économique. Les différentes puissances impérialistes s’y affrontent, au détriment des peuples qui vivent sous domination. Dans le meilleur des cas, cette domination se traduit par un étranglement économique. Mais dans beaucoup de pays, elle se conclut par des affrontements militaires, sous couvert de « conflits ethniques », pour capter les richesses et par le démantèlement des Etats (comme au Soudan, en Somalie, au Congo démocratique, etc.) Nous sommes dans une conjoncture au niveau international qui n’est pas sans rappeler la veille du premier conflit mondial : -crise économique généralisée, aggravée par l’augmentation du coût des matières premières et de l’énergie -crise financière encore maîtrisée mais qui pourrait échapper à tout contrôle si les Etats-Unis ne parviennent pas à endiguer la crise des « subprimes » qui a déjà causé la faillite de plusieurs banques américaines -crise de subsistance au niveau mondial -crise de surproduction des biens de consommation high-tech qui ne trouveront plus preneur compte tenu de la crise économique qui touche de plein fouet les peuples des pays riches. La perspective d’un crash financier de grande ampleur du type de 1929 n’est pas écarter, au contraire. Comment le système capitaliste pourra-t-il s’en sortir autrement qu’en provoquant, comme en 1914, un chaos mondial ? Dans ces circonstances, il est d’autant plus urgent de reconstruire des outils politiques internationaux solides. Une 5e Internationale, comme le propose la Gauche communiste depuis sa création, n’a rien d’illusoire. Au contraire, les partis communistes et les partis progressistes à travers le monde auraient tout intérêt à reconstruire très vite un outil de résistance au capitalisme. Car c’est bien dans les périodes de crises graves qu’il faut être en capacité de proposer des solutions révolutionnaires. Juin 2008 |
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