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Gauche communiste du PCF

Contribution au 34e congrès

LE PARTI, QUELS ENJEUX ?

Les dernières élections municipales et cantonales ont confirmé, que, malgré son affaiblissement, le Parti communiste existe et reste inscrit dans la vie politique nationale. Mais à quoi sert-il ? Dans quelle mesure peut-il influer sur la situation ? La véritable question posée aux communistes à l’occasion de leur congrès est : comment faire pour que le parti communiste retrouve pleinement son utilité et son efficacité ? Cela suppose plusieurs conditions :

1 – Il faut que le parti communiste se réimplante dans le monde du travail, qu’il redevienne le parti qui exprime les intérêts de la classe ouvrière, des salariés dans leur diversité, du peuple dans son ensemble ; par opposition à la petite minorité liée aux capital financier.

Pour cela le parti communiste doit non seulement soutenir les luttes, mais il doit se réorganiser dans les entreprises, dans les quartiers populaires, recréer des organisations du type cellules et promouvoir des militants représentatifs du monde du travail.

2 – Le parti communiste ne peut pas se contenter d’être une sorte de syndicat bis. Il doit jouer un rôle politique afin de contribuer à rouvrir une perspective. Aujourd’hui, la situation politique française est bloquée du fait de l’hégémonie d’un Parti socialiste incapable de changer les choses, suite à son ralliement à la mondialisation capitaliste et même à l’impérialisme, et d’un parti communiste qui ne joue plus son rôle. Sans renoncer au dialogue et, quand cela s’avère possible à des actions communes avec les socialistes, les communistes doivent travailler, sans pour autant perdre leur autonomie, à un rassemblement de la vraie gauche, (avec la gauche du PS, certains écologistes, des syndicalistes, des mouvements sociaux, l’extrême gauche…) pour former une Convergence anti-capitaliste capable d’affirmer une vraie alternative à gauche.
3 – Nous avons besoin d’un parti qui renoue simultanément avec la défense de l’indépendance nationale, condition indispensable de la souveraineté populaire, et avec l’internationalisme et l’anti-impérialisme.
A l’approche des prochaines échéances européennes, nous devons clairement nous prononcer pour la sortie de la France de l’Union européenne, pour une Europe des peuples souverains, pour l’indépendance nationale et la coopération internationale.
Face à un impérialisme en crise, qui enfonce le monde dans le chaos et la guerre, nous devons œuvrer à ce que ce se reforme une espérance des peuples. Dans cet esprit, les communistes prendraient une initiative de portée historique si, à l’occasion de leur congrès, il se prononçaient pour la création de la Vème Internationale, progressiste et révolutionnaire, dont l’idée commence à s’affirmer de divers côtés, et qui paraît indispensable pour dépasser les limites actuelles de l’alter-mondialisme.

Pour jouer ce rôle, le parti communiste doit renouer avec un grand effort d’information et de formation de ses adhérents. Formation théorique, en renouant avec le marxisme, dans la diversité et la vitalité qui est aujourd’hui la sienne, et formation historique, faute de quoi, les communistes eux-mêmes se soumettent trop souvent à l’idéologie dominante qui aboutit à la criminalisation de toute l’histoire révolutionnaire et donc à sa condamnation.

Il doit aussi faire évoluer son fonctionnement interne. Reconnaître à tous les niveaux (dans sa vie quotidienne, ses instances de direction, sa presse) le pluralisme communiste, l’existence de fait de points de vue et de tendances différentes, et qui peuvent se transformer. Le corollaire obligé de ce pluralisme étant la recherche permanente de l’unité, dans la discussion, l’action et la fraternité.

Nous avons besoin d’une transformation du parti communiste, d’une reconstruction marxiste. Il nous faut à la fois reprendre et poursuivre l’héritage du PCF, mais aussi faire du neuf pour rompre avec les défauts hérités de son histoire.

C’est pourquoi la Gauche communiste se prononce pour que le PCF se transforme en un Parti des Communistes de France.

Un Parti des communistes de France, c’est un parti qui cherche à unir les travailleurs français et immigrés, avec ou sans papiers.

Un Parti des communistes de France, c’est un parti qui cherche à rassembler les communistes dans leur diversité, ceux du PCF et ceux qui sont en dehors du PCF, soit parce qu’ils l’ont quitté soit parce qu’ils n’y ont jamais été mais qui sont communistes de cœur et de pensée.

Un Parti des communistes de France, c’est un parti qui ne renonce pas à œuvrer au rassemblement du mouvement communiste, par-delà les divisions héritées de l’histoire, en France et dans le monde.

C’est le parti dont nous avons besoin. En lançant un appel dans ce sens lors de notre Congrès nous donnerions un signal clair de notre volonté de rester pleinement communistes, et en même temps de nous rénover pour répondre aux exigences de la période dans laquelle nous vivons.

Juin 2008