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Contributions au 34e congrès du Pcf
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Gauche communiste du PCF Contribution au 34e congrès LES ALLIANCES
Il n’existe qu’une alternative pour combattre ses effets désastreux : l’enclenchement d’un processus révolutionnaire ouvrant la voie au communisme, avançant résolument vers une transformation radicale de la société. Pour cela il n’y a pas d’autre solution que le renversement du capital dominant par le peuple, pas d’autre solution que la révolution. Si nous avons besoin en France d’un vrai parti communiste, révolutionnaire et ouvert, capable de construire la perspective à gauche, on ne peut espérer pour autant que le rassemblement se fasse autour de lui uniquement. Aussi la question des alliances reste posée. Aujourd’hui, la direction du Pcf a tendance à repousser cette question, mais dans les faits, elle n’envisage d’alliance possible qu’avec le Parti socialiste. Même si elle avance timidement une critique de ce que fut l’union de la gauche, on le voit bien dans les derniers scrutins électoraux, les positions prises par rapport au Ps, ne vont pas très loin. On ménage, comme on dit, « la chèvre et le chou » sans aller franchement au bout. Cela a d’ailleurs amené la direction à ne pas condamner les alliances avec le Modem puisqu’il apparaît comme une force d’appoint des socialistes. Depuis les municipales, les dirigeants tentent de faire entendre que « la gauche » a gagné ces élections. La gauche ? Mais quelle gauche ? Et pour quoi faire ? Le Pcf a aujourd’hui perdu ses repères. En cédant au discours dominant, notamment sur l’expérience du socialisme au cours du XXe siècle, en sonnant les mêmes sirènes humanitaristes que les autres, il a contribué à discréditer toute idée révolutionnaire. Il contribue lui-même à sa propre disparition. Le peuple n’a pourtant rien à gagner à la disparition du Pcf, ni d’un journal vraiment communiste. Aussi ne s’agit-il pas pour nous de « tirer sur l’ambulance », mais d’être une force de propositions au sein du Pcf pour que ce parti dont l’histoire est intimement liée à celle de la nation française redevienne une force révolutionnaire. Le Pcf doit retrouver ses repères marxistes, non pas pour en faire des dogmes, mais en l’ancrant dans le monde d’aujourd’hui. Il doit clairement s’affirmer comme le parti du monde du travail, de la classe ouvrière dans sa diversité. Il doit reprendre la discussion et la réflexion sur le socialisme. Au moment où l’idée de socialisme réapparaît en Amérique latine et où, dans plusieurs pays de ce continent, des forces rassemblées résistent à l’impérialisme Us, il serait dommageable que les communistes français soient dans l’incapacité de relever le défi de la construction d’une autre société chez eux. Face à la droite, il faut être prêt à lutter, sans sectarisme aucun (et les municipales dans un certain nombre d’endroits montrent que les possibilités existent même si cela reste encore embryonnaire), non seulement avec les autres forces de gauche, avec les socialistes aussi, mais au-delà avec tous les démocrates et tous les républicains attachés au progrès, à la justice, aux libertés. Même confusément, de plus en plus de personnes mesurent les effets néfastes du capitalisme. Mais il n’existe aucune alternative réelle à laquelle ils puissent se raccrocher, aucune force politique qui les rassemble vraiment. La réforme du capitalisme n’est pas une solution. Modérer les appétits de quelques multinationales n’a jamais remis en cause l’exploitation de l’homme par l’homme. La stratégie des communistes doit être claire : travailler à un rassemblement populaire pour de vrais changements démocratiques qui s’en prennent effectivement au grand capital et à la tutelle de l’Europe du capital, sans volonté d’hégémonie et sans renoncer à être de vrais communistes. On ne peut sans doute pas, dans l’immédiat, rassembler une majorité sur la perspective du socialisme (perspective sur laquelle doit continuer à se battre le Pcf), mais on peut rassembler sur un programme radical de démocratisation économique, politique et sociale, mettant au centre la question de la souveraineté populaire. L’idée fédératrice pourrait être celle d’une République sociale et démocratique. Les collectifs anti-libéraux ont tenté un rassemblement auquel les communistes ont largement participé et où ils ont tout aussi largement contribué à leur échec. Certes, la charte adoptée n’était pas toujours très claire, sans doute la forme prise par des assemblées où on discutait beaucoup et menait peu d’actions concrètes ne permettait pas toujours la clarification, enfin le débat en vase presque clos a favorisé la coupure avec la masse du peuple. Ces éléments ont contribué à cet échec. Mais l’attitude hégémonique du Pcf et, paradoxalement, sa quasi absence comme force de propositions, l’absence de la Ligue communiste révolutionnaire comme d’autres forces de la gauche n’ont pas permis de mettre en avant une force alternative de gauche crédible. C’est en fin de course, le Ps, seul, qui a raflé la mise. Non pas que sa stratégie semble plus claire, mais il apparaissait comme le seul à s’opposer à Sarkozy. Et à défaut de grives… Rechercher une union au sommet, pour avoir des élus à tout prix, relève de l’autodestruction pure et simple. Le Ps n’est pas la seule organisation à gauche. Tous les gens de gauche ne sont pas encartés quelque part. L’union doit se reconstruire en bas avec tous ceux qui ne supportent plus les effets dévastateurs du capitalisme. Avec des socialistes aussi, mais pas uniquement. Combien d’électeurs communistes sont aujourd’hui dans la nature ? Jusqu’à quand allons-nous les laisser tomber, les envoyer voter pour un Parti socialiste qui n’a de socialiste que le nom, même si certains de ses militants y croient encore ? Les uns et les autres (notamment, la LCR ou le Parti des travailleurs) proposent tous un rassemblement autour d’eux-mêmes. Cela risque bien de ne pas déboucher sur grand-chose. Des camarades proposent de faire la même chose avec le Pcf. On peut toujours s’illusionner sur le grand Pcf. Nous ne sommes ni en 1936, ni en 1968, ni même dans les années 70. Le Pcf doit prendre toute sa place dans tout ce qui se construit allant dans le sens d’une véritable convergence anti-capitaliste, sans faire la fine bouche, mais en participant avec ses propres convictions, ses propres initiatives, en redevenant une véritable force de propositions anticapitaliste. Le Parti ne peut pas se concevoir sans un lien dialectique avec le mouvement unitaire. Juin 2008 |
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