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Le 6 mai 

Faire barrage à la droite

Préparer les luttes de demain !

Le 22 avril 2007, les électeurs ont massivement participé au scrutin présidentiel. Beaucoup, inquiets du scénario de 2002, ont fait le choix du " vote utile " : les candidats des grands partis, UMP, UDF et PS, ont donc drainé trois quarts des suffrages.

Ces candidatures n'ont pas créé l'enthousiasme : à quelques variantes près, les trois candidats ont proposé des programmes politiques, économiques et sociaux très proches. Sur la question fondamentale de l'Europe, ils sont restés à peu près muets. Mais tous ont l'intention de bafouer le résultat du referendum du 29 Mai 2005.

Les thèmes de l'emploi, des salaires, de la protection sociale, du droit du travail ont été très peu abordés, au profit de la sécurité et du sentiment national(iste). Nicolas Sarkozy a gagné son pari d'attirer les voix du Front national. Avec un million de suffrages en moins, le FN est le grand perdant de l'élection.

Emiettement des candidatures

A gauche, l'émiettement des candidatures, la désunion et le vote utile ont laminé les petits candidats. Le score de Marie-George Buffet, avec 1,94 % des votes et la perte de 250 000 électeurs par rapport à 2002, démontre le manque de crédibilité de la candidature portée par le Parti communiste. A la veille des élections législatives, le Parti sort affaibli du scrutin et en mal de confiance. Pourtant, la direction nationale ne remet pas en question ses orientations. Pire, en maintenant la stratégie choisie pour la présidentielle, elle prend le risque de voir disparaître son groupe parlementaire à l'Assemblée nationale. A terme, c'est la survie même du Parti communiste qui se pose.

A contrario, le candidat de la Ligue communiste révolutionnaire a gagné 280 000 voix et maintenu son pourcentage de 2002. Plus combatif, plus clair, il a su capitaliser le vote révolutionnaire. A elle seule, l'extrême gauche totalise 7,5 % des votes. C'est la preuve qu'une partie non négligeable des électeurs aspire à un changement de société.

Un résultat désastreux pour le Pcf

Si le Parti communiste, au lieu de se réfugier dans un programme fourre-tout social-démocrate, avait porté un véritable programme de rupture avec le capitalisme, il aurait pu drainer un nombre de votants bien plus important. C'est tout l'enjeu de la période à venir : la disparition ou la reconstruction du Parti communiste dépendront de sa capacité à changer d'orientation, de stratégie et de perspectives.

A la veille du 2e tour, la Gauche communiste appelle à faire barrage à Nicolas Sarkozy, qui représente un véritable danger pour le monde du travail. Pour autant, nous n'exonérons pas le Parti socialiste de ses responsabilités : 5 ans de gauche plurielle ont fait le lit du Front national et de Sarkozy. Nous payons aujourd'hui le manque de perspectives politiques créé par la gestion loyale du capitalisme du Parti socialiste et du Parti communiste lorsqu'ils étaient aux affaires. Le rapprochement qui s'opère entre Royal et Bayrou est symptomatique la dérive droitière du Parti socialiste. Si Ségolène Royal est élue avec l'appui de Bayrou, nous aurons un gouvernement de coalition socialiste-centre qui mènera une politique identique à celle que nous avons subie avec Chirac.

Faire barrage à la droite

Dans tous les cas de figure, la vie politique ne s'arrête pas avec l'élection de Royal ou de Sarkozy. La participation massive des électeurs traduit une aspiration au changement et des attentes fortes de notre peuple. Si les électeurs sont déçus, ils ne se contenteront pas de bouder les urnes. Comme lors des luttes pour le maintien du régime des retraites, du vote 29 Mai 2005 ou du combat contre le CPE, le peuple saura trouver un mode d'expression politique face au pouvoir et rejeter les politiques libérales portées par l'UMP comme par le PS.

26 avril 2007