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Vote interne des communistes pour l'élection présidentielle
Une déclaration de Jean Jacques Karman 96% des votants ont choisi Marie-George Buffet. Le score est sans appel. Sûrement que certains statisticiens de l’association ATTAC trouveraient à contester ce résultat. Pour ma part, je ne remets pas en cause ces pourcentages. Je veux simplement faire trois remarques : 1. Cette consultation, interne au PCF, fut marquée de A à Z par le refus de la Direction actuelle du PCF de clarifier son enjeu. Elle a refusé toute forme de débat entre les candidats. Elle a refusé nos articles dans l’Humanité. L’Humanité Dimanche traitant de la Conférence nationale ne dit mot sur mes deux interventions. Un traitement différent, pour Marie-George Buffet, y compris sur le bulletin de vote, où était précisé seulement pour elle, le contenu de sa candidature, comme seul enjeu. Mon but n’était pas d’être le candidat du PCF ; mais de souligner les conditions d’une remontée possible de notre influence. Avec mes camarades, nous sommes lucides, nous n’avons pas été entendus, y compris parmi nos plus proches qui ont préféré l’abstention. Dans ces conditions, ma candidature a été vécue comme inutile puisque j’apparaissais simplement pour une « candidature communiste » de plus. Beaucoup se disant : Mais Marie-George est bien une candidate communiste puisqu’elle est la secrétaire nationale du PCF. 2. Si je ne suis pas indifférent à la présence d’un candidat communiste, le centre de notre démarche n’est pas là. Je persiste à penser qu’il est impératif de proposer à notre peuple trois grandes revendications de rupture avec le régime capitaliste. Ces revendications, pour mobiliser en premier lieu les 80 % de la classe ouvrière qui a voté NON au référendum, nous démarqueraient fondamentalement de tous les autres candidats. Ces trois ruptures sont les suivantes : sortir au plus vite de l’Europe de Maastricht qui a déjà fait tant de mal à notre peuple, imposer une constituante pour une première république démocratique sociale et révolutionnaire. Et non une 6ème république bourgeoise comme le propose actuellement tous les candidats. Dernière rupture avec la mondialisation impérialiste : rétablissement de toutes les avancées ouvrières et démocratiques supprimées depuis 1945. Je précise que ces trois ruptures incontournables pour réellement changer la vie de notre peuple ne figurent pas dans le programme antilibéral ni, malheureusement dans celui adopté par le Parti communiste français lors du 33e congrès. Parce qu’ils restent, tous les deux, dans le cadre de la logique capitaliste. 3. Ce score remarquable de Marie-George Buffet lui impose de ne pas décevoir les militants qui ont voté pour une candidature communiste. Cette candidature va, parallèlement, renforcer les contradictions avec les autres composantes de la Gauche antilibérale, y compris à l’intérieur du PCF. Cette situation conduit inévitablement au moment de la désignation de la candidate à une cassure avec une partie de la composante antilibérale. Mais le plus grave est que dans les conditions actuelles, cette candidature ne porte pas les conditions du réel changement. Et le vrai résultat n’est pas celui de 96 %, mais sera celui obtenu par le PCF en 2007 et en 2008. Il risque d’être catastrophique, peut être pire qu’en 2002, et de remettre en cause la réalité nationale du PCF. En conclusion, je rappelle qu’en 1997 lors de l’entrée des ministres au Gouvernement Jospin, et en 2002, lors des présidentielles, la Gauche communiste, dont je suis le porte-parole, était ultra-minoritaire sur ses positions, et pourtant, nous n’avions pas une analyse erronée. Tout est encore possible si l’anticapitalisme prend le dessus dans le rassemblement, sans nier la place irremplaçable du Parti communiste français, en particulier de ses militants. 15 novembre 2006 |
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