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Caroline Andreani Introduction à la discussion Comité central de la Gauche communiste 20 octobre 2007 Notre Comité central d’aujourd’hui
se tient à un mois et demi du congrès du Pcf, rebaptisé « assemblée
extraordinaire », qui aura lieu début décembre. Rappelons le contexte de la
décision de convoquer ce fameux congrès : au lendemain des résultats de la
présidentielle, après l’échec cinglant de la stratégie des collectifs
unitaires, et la défaite du Parti socialiste. Ces trois éléments cumulés – la
défaite du Ps obérant toute perspective de participation gouvernementale – ont
créé un minuscule séisme dans l’océan de certitudes de la direction nationale,
mettant à jour le manque patent de perspectives politiques et stratégiques de
notre parti. La pertinence des orientations de la direction nationale en a pris
un certain coup. Entre temps ont eu lieu les élections
législatives. Contrairement à ce que nous pensions, le Parti, avec 18 députés
communistes et apparentés, ne s’en est pas trop mal sorti. Pas suffisamment
toutefois pour avoir un groupe, ce qui a poussé la direction et les
refondateurs à trouver une alliance avec les Verts et des députés d’Outre-mer.
Evidemment, la négociation s’est menée au détriment du Parti. Malgré son poids,
il a vu ses ressources techniques et financières divisées par trois. Mais ce
résultat a tout de même redonné de la légitimité à Marie-George Buffet et à son
équipe. Dès le départ, la direction
nationale a tenté d’influencer l’organisation du congrès autour de deux axes
qu’elle a cherché à imposer : - faire venir des « spécialistes » pour expliquer
aux communistes les changements intervenus dans la société française
(sic !) - faire participer au congrès des non communistes :
Verts, membres du Prs, etc. dans la droite ligne des « innovations »
de la mutation Dans les débats du Conseil
national, on a vu se détacher des positions diverses : - une grande partie des membres du Cn refuse que ce congrès ne
serve à rien et ne souhaite pas y associer d’intervenants extérieurs, que ce
soient des techniciens ou des politiques - la tendance Dimicoli-Marchand, notamment, est sur ces
positions, exigeant que la direction nationale revisite ses choix politiques
récents et refusant la liquidation programmée du Parti - les refondateurs, organisés au sein de Communisme,
tentent de poursuivre ce qu’ils ont entamé avec les collectifs, à savoir une
recomposition avec la petite gauche, en expliquant que si échec il y a eu, il
est totalement imputable à la rigidité du Parti qui n’a pas su faire les
ouvertures escomptées - la direction nationale reste très évasive sur ses objectifs.
A diverses reprises, MGB a fait des déclarations droitières, pour revenir
dessus lorsqu’elle était mise en difficulté. La ligne officielle affichée
est : « tout est ouvert, tout se discute ». Mais les écrits de
Patrice Cohen-Seat ne laissent place à aucune ambiguïté : il s’agit de
parfaire la liquidation entamée par Robert Hue, tout en affirmant le contraire
pour ne pas être mis en cause par ce qui reste des militants communistes et des
directions fédérales. Ce véritable « double langage » permet
d’entretenir une confusion totale sur les objectifs. - quant à la gauche du Parti, égale à elle-même, si tous les
courants défendent la même position, à savoir mettre en garde contre le risque
de liquidation, les interventions restent trop peu coordonnées. Malgré tout, le sentiment
majoritaire reste, me semble-t-il, l’opposition aux tentatives de liquidation
via une recomposition qui reste somme toute très peu probable (aux dernières
nouvelles, peu de personnes se battent pour se « recomposer » avec le
Pcf). La direction a par exemple du céder sur le terme de congrès, qui n’est
pas anodin. Elle a du lui substituer le terme d’assemblée extraordinaire, ce
qui empêche par exemple de changer le nom du Parti comme certaines rumeurs le
laissaient supposer. Au delà du congrès, le problème
majeur dans les prochains mois va être la survie de l’organisation. En effet,
les résultats des législatives montrent que le Parti n’a plus d’implantation
nationale, et qu’il a tendance à se replier sur quelques bastions : le
Nord-Pas-de-Calais, la Somme, le 93 et le 94, le Rhône, la Seine Maritime et la
région Paca. Les élections municipales et cantonales risquent de faire perdre
des villes importantes, y compris les deux départements que nous dirigeons, 93
et 94. Cela signifie, au delà de la perte d’influence politique indéniable, une
perte de ressources tant financières que matérielles, et d’assise politique. Dans le même temps, il faut
mesurer que la politique Sarkozy peut permettre au Parti de redresser la barre.
A condition évidemment de perdre la posture du flagellant – dans laquelle se
complait la direction – il est parfaitement censé de penser qu’un Parti
communiste peut se reconstruire. Il manque manifestement un parti capable
d’organiser la colère populaire et de livrer autre chose que le discours
lénifiant du Ps. Que ce soit sur l’Europe, les régimes spéciaux, les attaques
contre le droit du travail, la casse de la sécu et des retraites, à mettre en
parallèle avec les cadeaux fiscaux faits aux plus riches et les avantages
concédés au grand patronat, un parti communiste en ordre de bataille, tant au
niveau théorique que pratique, ne peut que prospérer dans les 5 prochaines
années. Cela nécessite évidemment que le
Parti communiste ne disparaisse pas. Pour cela, il est nécessaire de maintenir
notre action dedans comme dehors, d’empêcher la liquidation, tout en
travaillant aux alliances nécessaires avec les autres courants et en maintenant
notre spécificité et nos positions. Le débat est ouvert. |
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