![]() |
||||||||||||
| Retour page d'accueil |
Contributions
|
|||||||||||
|
Le couteau sans manche qui a perdu sa lame ou que faire du Parti communiste ? Francis COMBES Cet échec interroge bien sûr quant
au rôle des partis. Quand des partis qui ont pour objectif proclamé la
révolution ou la transformation sociale, font passer leurs intérêts
particuliers avant l’intérêt général, qui est celui du rassemblement, on peut
légitiment se demander s’ils ne sont pas devenus des obstacles à cette
transformation sociale. De moyens pour l’action, ils semblent se comporter
comme s’ils étaient devenus fins en soi, cherchant avant tout à maintenir leurs
positions acquises ou à s’affirmer aux dépens des autres. Cela vaut pour le PCF
comme pour la LCR. Y a-t-il là une fatalité de la vie des organisations ?
Peut-être pas, mais toute l’histoire du mouvement ouvrier et socialiste montre
qu’il s’agit d’une tendance naturelle. La LCR est un petit appareil, mais
il a aussi ses intérêts d’appareil. Au-delà des divergences réelles avec le PCF
à qui la direction de la LCR reprochait son manque de clarté sur ses rapports
avec le PS, il semble bien que cette direction n’ait pas résisté à la tentation
de remporter un succès électoral, succès sans doute modeste mais qui le place
devant le PCF. Mais les raisons pour lesquelles son candidat, Olivier
Besancenot, est manifestement plus populaire que la candidate du PCF devrait faire
réfléchir les militants communistes. Cela tient sans doute à sa personnalité,
sa jeunesse, mais surtout à son discours, plus clair et plus radical, et au
fait qu’il est reconnu par la frange la plus combative des salariés comme l’un
des leurs (on l’appelle d’ailleurs familièrement « le petit
postier ») et non comme un permanent de la politique ou un notable. Quant au parti communiste, après
que sa candidate a obtenu moins de 2% des voix, il est placé devant le problème
de sa survie. Il risque en effet, lors des élections qui viennent
(législatives, municipales et cantonales) de perdre l’essentiel de ses
positions électives, et donc à la fois la base de son influence et les moyens
économiques du fonctionnement de son appareil. Que faut-il donc faire du parti
communiste ? Nombreux sont ceux qui doivent se
poser la question. A commencer par les communistes eux-mêmes, car c’est d’abord
d’eux que dépend ce qu’il adviendra ou non du parti communiste. Ainsi, la bonne
question n’est-elle sans doute pas « que faut-il faire du parti
communiste ? », mais « qu’est-ce que les communistes doivent
faire de leur propre parti? » Et à cette question, c’est évidemment à eux
de répondre. Mais cette question ne concerne pas que les communistes.. Bien sûr, ce parti n’a jamais été
en mesure de « faire la révolution », ce qui est un problème (et même
le problème), mais il a néanmoins joué un rôle utile et parfois décisif
dans l’histoire nationale (en 36, dans la Résistance, à la Libération, dans les
luttes anti-coloniales et les luttes sociales sous la Ve
République…). Or
il paraît aujourd’hui dépourvu
d’efficacité et même d’utilité. Il est
comme le couteau sans manche à qui
manque la lame dont parle Lichtenberg dans un de ses aphorismes. Le
manche, en
l’occurrence, si on veut filer la métaphore, c’est
l’influence « dans les
masses », parmi les travailleurs, c’est
l’organisation, le réseau de
cellules qui autrefois lui permettait d’être présent
dans les quartiers
populaires et dans un certain nombre d’entreprises (la condition
de l’efficacité).
Quant à la lame, c’est bien sûr la théorie,
la doctrine, qui faisait sa
différence, qui lui permettait de
« trancher » sur les autres partis
et qui a contribué pendant tout un temps à lui assurer
une influence
intellectuelle. (Qui a à voir avec son utilité, sa
« raison
d’être »). Or, ce parti a méthodiquement,
au cours des dernières années,
abandonné l’essentiel de ses références
théoriques (la défense des intérêts de
la classe ouvrière, le rôle de l’avant-garde,
l’attachement à l’indépendance
nationale, l’internationalisme, l’objectif du socialisme,
la référence au
marxisme…), sans avoir réussi à substituer
à ces formulations sans doute
anciennes une théorie plus efficace pour aujourd’hui,
c’est-à-dire pour
l’époque de la mondialisation. Ce qui a beaucoup
contribué à le priver non
seulement d’efficacité mais aussi d’utilité. En fait, l’utilité première des
partis communistes (partout où ils ont su acquérir une audience de masse) a été
de promouvoir la classe ouvrière comme sujet historique de l’action politique.
Non pas seulement dans l’ordre de la théorie, mais sur le terrain pratique de
l’histoire réelle. C’est ce qui fait la différence avec les nombreux
groupuscules d’inspiration marxiste, dans divers pays capitalistes, qui
existent et ont une activité le plus souvent rhétorique, c’est à dire sans
influence réelle sur le cours des choses. Dans la plupart des pays
capitalistes les plus développés, le système a en effet réussi à mettre les
forces anti-système hors système, à les exclure de la vie politique. Par divers
moyens qui combinent la répression – McCarthysme, nazisme etc… - et
l’intégration de la classe ouvrière à un mode de vie et un système de
consommation rendus possibles par la puissance économique des principaux pays
impérialistes. Ce que Marcuse avait clairement diagnostiqué en observant
l’évolution du capitalisme américain. Il en a été un temps autrement en
Europe occidentale, en particulier en Italie et en France, où existaient de
grands partis communistes, avec une influence de masse. Mais il semble bien que
le système ait réussi, là aussi, à éliminer pour l’instant toute alternative au
profit d’une simple alternance, à travers le jeu d’une vie politique
bi-partisane réduite à un affrontement médiatique entre champions qui, malgré
leurs oppositions réelles, acceptent d’un côté comme de l’autre de ne pas
toucher aux fondements du système, c’est-à-dire à la propriété du capital. En Italie, l’ancien parti
communiste qui a rallié l’internationale socialiste, est en train de se fondre dans
un nouveau parti avec le centre-gauche de Prodi, type « parti
démocrate ». Et même le parti de la Refondation communiste semble aspiré
par l’exercice du pouvoir. Et en France, le PCF, après avoir,
dans un gouvernement dit de « gauche plurielle », accepté une
politique en grande partie contraire à ses principes (guerre en Yougoslavie,
privatisations, etc…), paraît en passe d’être éliminé de la scène. Comment en est-on arrivé là ? En France comme en Italie, les
partis communistes avaient conquis des positions électives et institutionnelles
qui leur ont permis d’exercer un pouvoir. Mais, paradoxalement, (alors que ces
partis ont eu des stratégies différentes et un positionnement différent à
l’égard de l’URSS), dans ces deux cas, en s’emparant de parcelles de pouvoir,
ces deux partis ont fini par se faire prendre par le pouvoir. A conquérir des
pouvoirs dans la société sans changer la société, ces partis ont fini par être
changés par la société. Faute de révolution, ces partis ont dû pratiquer le
réformisme et ce réformisme a fini par les réformer. Le « réalisme »
l’a emporté sur l’idéal, et l’électoralisme s’est substitué aux
« principes » (qui jouèrent un rôle si important dans ces partis,
justement pour éviter qu’élus et dirigeants se comportent comme des notables
coupés du peuple). Partis ouvriers, révolutionnaires et de masse, ces partis
ont malgré tout fini par devenir des partis d’élus, légalistes et enfermés dans
la gestion. Les révolutionnaires professionnels ont cédé la place aux
fonctionnaires et aux techniciens de la « chose publique ». Ainsi,
des partis anti-système, sont-ils devenus des éléments du système. Cette tendance à
l’institutionnalisation et à la sclérose des structures politiques censées
faire la révolution est un phénomène universel dont l’expérience du
« socialisme réel » nous donne de nombreux exemples. Là aussi, après
avoir pris le pouvoir, les révolutionnaires ont fini par se laisser prendre par
le pouvoir, la gestion a fini par l’emporter sur la révolution et les moyens
(que devaient être l’État, le parti, la dictature provisoire du prolétariat,
l’industrialisation…) ont tendu à s’ériger en leur propre fin. Ajoutons à cela que le mode de
fonctionnement spécifique des partis communistes, et le tabou jeté sur les
divergences et les tendances, a beaucoup contribué à scléroser la pensée et à
favoriser la promotion des suivistes, toujours d’accord avec la ligne du
moment. Le corollaire étant (en dehors des périodes de guerre où le courage
personnel devait prendre le dessus) à écarter les personnalités les plus
fortes. Ce qui est pour beaucoup dans l’appauvrissement humain de ces partis
et, partant, dans leur affaiblissement. Les élections législatives
françaises fournissent un nouvel exemple des avatars de l’institutionnalisation
des partis. Que le nombre de voix obtenues compte pour le financement public
des partis ‘1, 50 euros par électeur, cela n’incite pas à présenter des
candidats d’union…) Faut-il en déduire que la seule
attitude sage consisterait à renoncer à l’exercice de tout pouvoir ?
Cultiver son jardin, se transformer en ermite bouddhiste ? Et laisser le
monde plongé dans sa misère… Autrement dit, la dégénérescence
des partis est-elle une fatalité ? Peut-être pas, si l’on sait
repérer quels sont les anti-dotes efficaces dont l’histoire nous fournit aussi
quelques exemples et dont elle nous livre même la composition. Le premier antidote, ce sont
justement ces « principes », l’idéal, la flamme ou si l’on veut
encore ce que personne n’appelle plus la « morale communiste ».
Antidote qui a pendant longtemps prémuni beaucoup de militants et d’élus contre
la corruption et l’alignement pur et simple sur les mœurs politiciennes
ordinaires. Le deuxième antidote, déjà évoqué,
est la démocratie interne (qui pose la question toujours taboue du droit de
tendances et de l’organisation de l’unité dans la diversité). Le troisième antidote est dans le
rapport à ce que les communistes appelaient autrefois le ou les mouvements de
masse. Le parti n’est rien sans le mouvement On pourrait aujourd’hui se reposer
la question que posait Rosa Luxemburg sur le rapport parti et mouvement des
masses. Cette dialectique est universelle et spécifique à tout mouvement
d’émancipation politique. Rosa plaidait pour que soit reconnue par les
révolutionnaires l’autonomie et la primauté du mouvement des masses. C’est
d’ailleurs pourquoi elle a soutenu la révolution spartakiste alors même qu’elle
jugeait que les conditions de la victoire n’étaient pas réunies. Ce point de
vue, qualifié de « spontanéiste », a vite été marginalisé dans les
partis de la IIIème Internationale. La codification du léninisme par Staline a
imposé l’idée que l’une des conditions essentielles pour que se produise une
révolution socialiste était que s’exerce le rôle dirigeant du parti
communiste. Or l’histoire concrète des
révolutions est un peu différente. Tout d’abord elle montre que les révolutions
sont rarement préméditées par les peuples. Les peuples ne rêvent pas de faire
la révolution. Ils la font quand l’enchaînement des circonstances les y poussent.
De plus, il n’y a jamais eu de révolution « chimiquement pure ».
Aucune révolution ne s’est donné d’emblée l’objectif du socialisme. Ce sont
toujours contre les effets de la vieille société et pour des objectifs
immédiats et urgents que les « masses » se sont mises en
mouvement : contre la guerre, pour la paix et la terre, contre
l’occupation étrangère ou contre la dictature. Ce n’est qu’ensuite que s’est
affirmé le caractère socialiste. De plus, aucune révolution n’a été
le fait de partis installés et institutionnalisés. En 17, le parti bolchevik n’était
pas un parti de vieux apparatchiki, mais une formation jeune, composée de
militants formés dans la clandestinité et qui ne reculaient pas devant
l’affrontement idéologique, dans les luttes de fraction au sein du parti social
démocrate, comme dans les cercles d’études marxistes parmi les ouvriers. En
Chine, après l’écrasement de la révolution dans les villes, le parti communiste
s’est reconstitué au cours de la longue marche, au sein de l’armée populaire,
comme un mouvement d’éducation et d’encadrement des masses. A Cuba, le
mouvement a d’abord commencé sans le parti communiste, lequel se méfiait des
guérilleros. Et c’est Fidel qui a refondé le PC, une fois la révolution faite. Si la révolution d’octobre n’a pas
été le putsch que dit l’histoire officielle d’aujourd’hui, c’est bien parce
qu’elle a été le fait d’un mouvement de masse dans lequel les soviets
d’ouvriers et de paysans, et les jacqueries paysannes ont joué un rôle de
premier plan. Le mérite de Lénine n’est pas d’avoir fomenté la révolution, mais
d’avoir eu l’intelligence politique de prendre des initiatives qui ont changé
le cours des choses et, à plusieurs reprises, sauvé le mouvement. La réécriture post-léniniste de
l’histoire a sans doute contribué à consolider le pouvoir du parti mais en
réduisant à rien ou presque le rôle des soviets, elle a hypothéqué le
socialisme. Après
avoir aboli la contradiction
capital-travail, le socialisme du XXème siècle semble
bien avoir échoué sur la
question de la contradiction gouvernants-gouvernés. Tout le
monde s’accorde à
dire que là où le bât blessait,
c’était en matière de liberté et de
démocratie.
Encore faudrait-il s’entendre sur la notion de démocratie.
En substituant le
parti au mouvement autonome des masses, sous la forme par exemple des
soviets,
le socialisme qu’on pourrait dire despotique a reproduit, et
parfois aggravé,
l’aliénation politique. En fait, le pouvoir du peuple
s’est traduit en pratique
par l’impuissance du peuple. Ce qui explique l’absence de
mobilisation pour
défendre la propriété collective quand celle-ci a
été remise en cause par les
dirigeants eux-mêmes. Le ralliement de ces mêmes dirigeants
au modèle
occidental de la démocratie (qui repose sur la
délégation de pouvoir) n’a pas conduit
à « démocratiser le socialisme »,
mais, comme à l’ouest, à écarter
plus encore le peuple des décisions. En fait, la conception
révolutionnaire de la démocratie est celle qui met au premier plan le mouvement
conscient et autonome du peuple, la puissance du peuple, laquelle doit
s’exercer même face au « pouvoir du peuple ». La démocratie
socialiste pourrait se définir comme celle où le peuple peut être à lui même
son propre contre-pouvoir… Et où les dirigeants dirigent en ne perdant pas de vue
qu’ils sont pour la disparition des dirigeants. L’idée de la révolution comme
auto-organisation du peuple, conduit à relativiser le rôle des partis, lesquels
n’ont de raison d’être que dans la mesure où ils aident à ce que s’affirme le
mouvement. Cette conception me paraît plus
nécessaire encore aujourd’hui. Et pas seulement parce que les partis sont très
affaiblis. Ou, plus exactement parce que l’affaiblissement des partis est aussi
le signe qu’ils ne peuvent plus prétendre résumer à eux seuls l’organisation
politique anti-capitaliste. Le développement du système
d’exploitation capitaliste qui ne se borne plus à l’exploitation du travail
mais touche tous les domaines de la société et en vient à menacer l’existence
même de la vie sur Terre a pour effet de rendre plus universel le combat contre
le capitalisme, mais aussi beaucoup plus diversifié. Des luttes ouvrières, aux
combats écologiques, en passant par les mobilisations contre la guerre,
l’affirmation du féminisme, les luttes des sans-papiers ou les mouvements culturels
comme les associations anti-pub, la contestation du système est multiforme. Aujourd’hui moins encore qu’hier
aucune formation, quelle qu’elle soit, ne peut « incarner » à elle
seule la diversité de ces combats qui ont besoin, pour se développer, d’organisations
spécifiques. Nul ne peut donc prétendre avoir
le monopole de l’anti-capitalisme et de l’action révolutionnaire. Et
l’unification pratique des luttes ne peut pas être le fait d’un parti seul,
mais passe par la formation d’une sorte de front, une convergence
anti-capitaliste. Le mouvement des collectifs unitaires anti-libéraux, malgré
leur faiblesse, pouvait être un embryon de ce rassemblement. La question de
l’heure est en effet non pas la « révolution socialiste » mais le
rassemblement contre les politiques ultra-libérales de déréglementation, de
privatisation, de remise en cause des souverainetés nationales et des acquis
sociaux au nom de l’impératif catégorique de la compétitivité dans le cadre de
la concurrence mondialisée. Après s’être beaucoup discrédité,
par ses reniements successifs et ses atermoiements stratégiques, le parti
communiste avait là une possibilité de « reprendre du galon », en
participant franchement et loyalement à ce rassemblement dans lequel il aurait
joué naturellement un rôle charnière. La pantomime qui a abouti à
l’incapacité de désigner un candidat unique montre que la direction du parti
communiste, qui a officiellement abandonné toute ambition
« d’avant-garde » n’a pas renoncé aux vieux réflexe de « parti
dirigeant ». Semblant ignorer que son poids numérique lui donnait des
responsabilités particulières pour préserver ce cadre unitaire, il a tenté de
l’instrumentaliser en sa faveur pour faire adouber sa candidate par ces
collectifs. Du coup, il a aggravé son discrédit et son isolement… Le mouvement a besoin des partis Pourtant, les communistes ont
beaucoup à apporter au mouvement. Loin de disparaître dans le rassemblement,
c’est dans ce bain unitaire qu’ils peuvent trouver une raison d’être et une
force. C’est aussi dans le mouvement avec les autres que peuvent s’affirmer de
nouvelles personnalités Est-ce à dire que les communistes
vont continuer d’exister, mais qu’il faudra se passer du parti communiste,
comme ont l’air de le penser de ceux camarades parmi ceux qui se définissent
aujourd’hui comme des « communistes unitaires » ? Au moment même
où le PCF est menacé de disparaître, beaucoup (y compris parmi ceux qui le
critiquent) sentent que sa disparition affaiblirait tout le mouvement. Le
mouvement n’est pas tout et les partis rien. Le mouvement a en effet ses
limites, tant du point de vue de la capacité d’organisation que du point de vue
du débat démocratique. L’expérience de ces derniers mois suffit pour s’en
convaincre. Si, dans certaines circonstances,
les partis peuvent faire obstacle au rassemblement, le rassemblement a besoin
des partis. Malgré leur faiblesse, ils ont une
rôle essentiel à jouer d’élaboration et de formation. Ce qui a fait la force du
parti communiste, c’est sa capacité à faire partager un savoir spécifique. Une
théorie sans doute contestable sur bien des points mais vivante et nourrie par
le marxisme. Le PCF a ainsi a été l’outil et le lieu de la promotion
intellectuelle de dizaines de milliers de cadres ouvriers. Ce rôle d’éducation
populaire peut paraître modeste, mais il est essentiel à la démocratie. Pour
que celle-ci ne se nie pas elle-même en se transformant en son contraire, (le
spectacle démagogique, dominé par l’audimat, dont la vie politique actuelle
nous donne l’exemple), il faut des citoyens et des militants informés et
formés. La vraie démocratie, disait Brecht, c’est la souveraineté des
arguments. En clair, plus décisif dans doute que le maintien de ses positions
électives est pour le parti communiste la question de savoir s’il peut renouer
avec cette fonction pédagogique, dans l’esprit d’un marxisme moderne et
combatif. Dans cette optique, la question du
renouveau idéologique du parti, de la capacité des communistes à se redonner
une théorie révolutionnaire, un savoir marxiste pour aujourd’hui, est donc
devenu la question décisive. Se retrouver « du côté du manche » a
coûté cher au parti communiste. Il lui faut aujourd’hui retrouver une lame. Et
c’est à cette condition qu’il pourra peut-être retrouver son propre manche. Francis Combes
|
|||||||||||