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Les rapports sociaux

Les apports de K .Marx dans les luttes de classes

Théories et pratiques marxistes


Michel Mélinand


 

Les derniers développements de la politique dans notre pays sont caractérisés par le recul idéologique et pratique dans la conception de la lutte de classe. Par la volonté de la bourgeoisie de faire croire à la fin de l’histoire avec le capitalisme mondialisé (revigoré par le recul des forces socialistes) et par l’émergence des forces néo-fascisantes qui se trouvent renforcées par l’accroissement de la pauvreté, le chômage, la précarité, etc.

Les quelques mouvements sociaux montrent par leur organisation un recul très net des conceptions marxiste de la lutte de classe au profit des conceptions sociales-démocrates d’accompagnement du capitalisme. Les positions de la direction de la CGT sont heureusement contrées encore par quelques fédérations restant ancrées sur la lutte entre le capital et le travail. L’adhésion à la Conférence européenne des syndicats (CES) est une honte, la conception de la gauche européenne en est une autre. Toutes ces mascarades n’ont rien a voir avec l’internationalisme prolétarien de nos aînés, il s’agit ni plus ni moins de trahison de la classe ouvrière.

Les conditions de l’exploitation capitaliste n’ont pourtant pas varié.

Jamais dans notre nation les profits capitalistes n’ont atteint les niveaux de ces dernières années et depuis la fin de la guerre, jamais les capitalistes n’ont été aussi rapaces, arrogants (les patrons de combat avec à leur tête le MEDEF, pillent les entreprises, délocalisent et touchent des dividendes records. Par leurs positions dominantes, ils mettent a mal les petites entreprises).

Le réformisme arme de la bourgeoisie pour organiser la contre révolution

Nous pouvons définir la révolution comme le passage d’un système social à un autre. Marx et Engels ont mis en place un ensemble de concepts très cohérents de l’idée de révolution

1/ La notion d’ordre social. Dès 1843 dans « La question juive », Marx, parlant de l’émancipation politique de la bourgeoisie, écrit : « l’émancipation politique est certes un grand progrès ; elle n’est sans doute pas la forme ultime de l’émancipation humaine, à l’intérieur de l’ordre du monde qui a existé jusqu’ici ». En conséquence, il est clair qu’il ne faut pas se contenter d’une émancipation partielle mais au contraire, qu’il est nécessaire de remplacer l’ordre lui-même, tel qu’« a existé jusqu’ici ».

2/ La nouveauté radicale de la révolution communiste. « Dans toutes les révolutions ultérieures, le mode d’activité restait inchangé et il s’agissait seulement d’une autre distribution de cette activité, d’une nouvelle répartition du travail entre d’autres personnes ; la révolution communiste par contre est dirigée contre le mode d’activité antérieur, elle supprime le travail salarié et abolit la domination de toutes classes en abolissant les classes elles-mêmes ».

Marx et Engels soulignent clairement que les révolutions antérieures se sont contentées de déplacer l’exploitation, de déplacer l’antagonisme de classe ; la révolution communiste doit supprimer tout antagonisme et toute exploitation, ce qui entraîne la conséquence de l’impossibilité totale d’un quelconque compromis entre les ouvriers et la bourgeoisie, étant évident que cette classe a besoin pour durer de la séparation « bourgeoisie/prolétariat ». Cette situation montre la portée limitée des réformes que les travailleurs peuvent obtenir par leurs batailles revendicatives.

3/ L’impossibilité de tout réformisme. Lors de l’étude sur la révolution de 1848 en France, Marx a écrit « que la plus petite amélioration des conditions de vie reste une utopie au sein de la république bourgeoise, utopie qui se change en crime dès qu’elle veut se réaliser ». Par la suite en 1869, analysant un conflit entre capitalistes et ouvriers pour des augmentations de salaires, Marx définira clairement les limites du réformisme : « Si la classe ouvrière lâchait pieds dans son conflit quotidien avec le capital, elle se priverait certainement elle-même de la possibilité d’entreprendre tel ou tel mouvement de plus grande ampleur. En même temps et en dehors de l’asservissement général qu’implique le régime du salariat, les ouvriers ne doivent pas s’exagérer le résultat final de cette lutte quotidienne. Ils ne doivent pas oublier qu’ils luttent contre les effets et non contre les causes de ces effets ».

Depuis, combien d’exemples sont devant nos yeux ? Qu’en est-il des conquêtes sociales de l’après guerre ? Les attaques permanentes du capital contre nos régimes de protection sociale sont aidées par un instrument supplémentaire (qu’est la communauté Européenne).

La bourgeoisie se déchaîne et pour arriver a ses fins, elle utilise tous les moyens possibles de bourrage de crânes, par les radios et télévisions bien sûr, mais également les cultes qui sont en ce moment renforcés par l’utilisation et le financement public pour les écoles confessionnelles et privées. Les différentes campagnes de dévoiement de l’enseignement public sont de plus en plus fréquentes. Les propositions contre « la carte scolaire » vont dans le même sens. En effet, il faut pour la bourgeoisie faire de l’enseignement à deux vitesses, bon enseignement pour les petits de bourgeois, enseignement minimum pour les enfants d’ouvriers (moins un ouvrier est éduqué, plus il accepte l’asservissement capitaliste).

Tous ces exemples montrent que toutes les réformes acquises par la lutte font partie de la bataille révolutionnaire, mais sont sans cesse remis en cause ; toutes les réformes de fonds sont impossibles, du fait « de l’antagonisme irréductible entre les intérêts de la bourgeoisie et ceux du prolétariat ».

Lénine a fourni des précisions sur la réforme, « une réforme diffère d’une révolution par le fait que la classe des oppresseurs reste au pouvoir et réprime les soulèvements des opprimés au moyen de concessions acceptables sans que le pouvoir de ces oppresseurs soit détruit ».

Il y a pour Lénine une dualité entre les reculs de la bourgeoisie contrainte par l’action des masses à « lâcher des concessions » et l’impossibilité que ces lâchages soient définitifs et ne mettent pas en péril son pouvoir.

Nous observons donc que sans lutte de classe, il n’y a pas de réformes et que les dites réformes ne peuvent être acquises que si elles sont soutenues par des méthodes révolutionnaires de lutte des masses. Par ailleurs, Lénine précise : « Les révolutionnaires ont toujours été a la tête de la lutte pour les réformes, c’est pourquoi il n’y a pas de voie réformiste propre ». Les marxistes mènent la lutte la plus énergique contre la voie réformiste qui limite directement ou indirectement aux réformes les aspirations et l’activité de la classe ouvrière. « Le réformisme est une duperie bourgeoise a l’intention des salariés »

Sans lutte de classe, donc, pas de réforme, mais elles sont toujours remises en cause par le capitalisme dès que possible, tant que le pouvoir bourgeois reste en place.

Le monde du travail ne pourra donc pas faire l’économie d’une transformation révolutionnaire du système bourgeois, les réformes aident le prolétariat dans sa lutte anti-capitaliste mais lui démontrent la précarité des acquis face à ce capital sans cesse revanchard

La sociale-démocratie et depuis longtemps les directions du Pcf, tournant le dos aux objectifs de transformations révolutionnaires, trompent les salariés sur les chances de transformation de notre société. Les dernières présidentielles montrent à quel point de renoncement nous en sommes parvenus aujourd’hui. Dans les programmes, aucune mesure de rupture avec le système capitalisme n’est présentée, la préoccupation essentielle semblant être de sauver les meubles et surtout les places. Il ne faut donc pas s’étonner des résultats : les salariés, ne sachant que faire, dispersent leurs votes.

Les effets de la crise que traverse le monde du travail dans ses combats, accompagnent la réalité brutale de ses conditions de vie aggravées par le chômage, la précarité, et la perte de repères politiques. Il est donc particulièrement urgent de réorganiser la classe ouvrière autour d’un syndicat  de lutte de classe et d’une force communiste reprenant les analyses marxiste, « évitant le dirigisme », mais jouant son rôle de conseil et de catalyseur, permettant ainsi à la classe ouvrière et l’ensemble du salariat de reprendre le combat contre le capitalisme, celui-ci étant le seul responsable de la misère, de l’exploitation, de la destruction de la planète et des guerres impérialistes. L’avenir du genre humain en dépend.

Organisons l’unité des organisations communistes autour du marxisme révolutionnaire

 Socialisme ou barbarie, c’est le seul choix réservé aux peuple.

 Michel Mélinand

Avril 2007

Sources de documentation : œuvres de Marx, écrits de Lénine, de G. Labica, de L Althuser