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Opportunisme
et révisionnisme de droite


Michel Mélinand


A la veille des prochaines élections présidentielle et législative pour lesquelles les plus grandes craintes de désagrégations de l’influence du PCF se font jour, il est intéressant d’en examiner la plus grande cause.


Les grandes tourmentes de la disparition du bloc soviétique, conjuguées à la transformation des « process » du travail dans les pays les plus industrialisés comme le nôtre, ont favorisé l’éclosion d’un révisionnisme droitier allant jusque la négation du marxisme, y substituant des conceptions capitulardes, abstraites, sur une transformation évolutionniste, réformiste progressive du capitalisme.

Nous pouvons noter également la présence et l’influence des groupes anti-marxistes, trotskistes, anarchistes qui dans les faits ne sont que partisans d’une transformation graduelle de la société capitaliste en aménageant celle-ci, en ne cherchant que des petites réparations aux fissures de sa façade.

Or, le capitalisme ne change pas d’objectif même s’il se pare de nouveaux termes tel le « libéralisme », son but restant l’exploitation maximum du travail et son profit maximum.

Le siècle passé et la première décennie apportent des enseignements de première importance. Il est démontré la possibilité de transformer les sociétés capitaliste vers des sociétés socialistes qui certes, ont des visages différents, et par des moyens différents, essentiellement dus aux caractères particuliers de telle ou telle nation mais ils ont tous eu une réalisation identique quant à la suppression ou l’amoindrissement de l’oppression capitaliste, que se soit la première tentative de l’URSS ou de la Yougoslavie ou encore Cuba, le Vietnam, et aujourd’hui l’évolution très positive en Amérique latine. 

Au lieu de « hurler avec les loups », comme savent le faire nos dirigeants droitiers, il serait plus profitable au monde du travail d’examiner les raisons et les erreurs qui ont amené les reculs que nous avons connus.

Le processus révolutionnaire mondial suit des voies très complexes, il connaît des flux et des reflux qui sont le résultat du caractère et de la maturation des forces motrices de la révolution anti-capitaliste mais également les résistances redoublées des classes exploiteuses qui s’adaptent aux nouvelles situations mondiales, économiques, et politiques dans chacun des pays concernés.

Cependant, malgré les échecs, nous pouvons affirmer le caractère UNIVERSEL du processus de libération au capitalisme. Contrairement à certaines affirmations le capitalisme n’est pas la fin de l’histoire humaine. Bien au contraire, cette société d’exploitation et de guerre doit disparaître et elle disparaîtra sous le poids de ses contradictions, de la misère qu’elle engendre et des guerres où elle s’enlise. Quant à la principale expérience socialiste, si nous sommes arrivés à un échec, il faut en rechercher les causes avant d’affirmer, comme la bourgeoisie sait le faire, que cela ne peut pas marcher.

 Il reste la responsabilité aux forces révolutionnaires d’organiser l’action contre ce système d’exploitation. Nous sommes donc placés devant notre responsabilité.

Le PCF, qui aujourd’hui s’est enlisé dans l’opportunisme, afin de garder des sièges et dans ce révisionnisme suicidaire, a un travail considérable pour sortir de ses conceptions et rebâtir la seule force révolutionnaire susceptible de stopper la revanche du capitalisme qui casse toutes les avancées sociales des décennies écoulées.

Ceci passe par la mise en place d’un véritable programme comportant des propositions s’attaquant : à toutes les structures archaïques du capitalisme, à tous les rapports sociaux périmés, à toutes les structures de domination économiques, politiques, aux rapports communautaristes, à tout ce qui freine le progrès social.

Seul un programme anti-capitaliste objectif mais ambitieux peut redonner la confiance populaire à notre parti.

Ce n’est malheureusement pas le cas aujourd’hui où l’on voit des propositions plus avancées être prises en compte par les collectifs.

La tache principale, c’est la lutte pour les masses, en priorité pour la classe ouvrière, pour son rassemblement sur des bases révolutionnaires et conjointement, son alliance avec les couches intellectuelles et toutes les forces progressistes en vue du renversement de toutes les formes d’oppression impérialiste.

Les révisionnistes de droite exaltent les réformes en tant que moyens pour résoudre les problèmes sociaux : ils trompent les masses. Les réformes ne font pas avancer la société. Elles sont socialement limitées et sans perspectives. Elles laissent en place les conséquences douloureuses de la non résolution du problème principal : « la destruction de tout système d’exploitation ».

 
                       Michel Mélinand

2006-12-04