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Et à Continental, contrairement à
ce que toute la presse, écrit, les 35 h ne peuvent légalement pas être
remises en cause ! La loi est la loi pour tous, y compris à
Continental ! Tout le monde est aux 35 h
dans le salariat. Elles sont générales. C’est une loi d’ordre public social. Il
n’y a pas un salarié de ce pays qui ne dépend pas des 35 h. Elles se
calculent hebdomadairement. Et leur équivalent mensuel est 151 h 66
et leur équivalent annuel est 1 607 h (depuis que 7 heures de travail
taxées ont été rajoutées). Les 35 h, ce n’est que la
durée légale, pas la durée effective du travail. C’est le point de repère de
calcul des salaires et des heures supplémentaires. La durée légale de 35 h
déclenche le seuil des heures supplémentaires. La durée légale de 35 h
déclenche le seuil du temps partiel. Le Smic est calculé sur les
35 h et sur 151 h 66 ainsi que tous les salaires mensualisés et
les grilles des salaires conventionnels. La remise en cause des 35 h
aurait pour effet de faire disparaître les heures supplémentaires donc de diminuer
les majorations de salaires qui leur sont liées. (Il existe différentes
majorations : financières à 25 %, à 50 %, à 100 %, et avec repos
compensateur à 25 %, à 50 %, à 100 %. Chaque majoration
correspond à un seuil, 35 h, 44 h, au contingent annuel, ou une
circonstance, dimanche, nuit, etc.) L’entreprise Continental
contrairement à ce qu’écrit à tort toute la presse, ne peut revenir sur les
35 h et « passer aux 40 h ». C’est impossible, les patrons
qui présentent les choses ainsi et les journaux mentent. Car la loi est la
loi : les 35 h s’appliquent aussi à Continental ! Cela veut dire, que, même après
avoir fait voter leurs salariés pour travailler 40 h, les bulletins de
paie doivent continuer de faire figurer le salaire brut affecté aux
151 h 66 et sur une ligne distincte, les heures supplémentaires
majorées de 25 % entre 35 et 40 h. Ces dernières sont forcément
majorées de 25 % car c’est la loi... Toute autre bulletin de paie serait
illégal ! Alors que se passe t il ?
Pour ne pas payer les majorations, l’employeur va baisser le taux horaire de
toutes les heures de façon à amortir les 40 h ! Donc la vraie
information que devraient donner la presse sur Continental ce n’est pas que les
35 h sont remises en cause mais que le taux horaire est baissé de façon à
ne pas payer la majoration des heures supplémentaires entre 35 et 40 h... C’est fantastique que dans ce
pays, on soit si mal informé, ou plutôt qu’on soit désinformé à ce point !
Il s’agit d’un cas délibéré de baisse du salaire et de baisse du taux des
heures supplémentaires, pas d’un cas de remise en cause des 35 h ! On peut défendre les 35 h et
hausser les salaires, les caisses ne sont pas vides ! Grâce
aux 35 h, contrairement
à tout ce qui est dit, en l’an 2000, non seulement il y a
eu entre 350 000
et 450 000 emplois crées (la fourchette est large mais
reconnue par tous)
mais il y a eu aussi une augmentation de la masse salariale globale.
Pas des
salaires nominaux, et cela a manqué ! Mais le
« gel »” des
salaires n’a été le fait que de 2 à 3 %
des accords signés à l’époque, on
peut l’imputer à la réduction de la durée du
travail encore moins à
l’acceptation des syndicats. Cela a été le fait de
la « guerre contre les
35 h » déclarée par le Medef :
c’est encore le patronat qui a fait du
chantage aux salaires de 2002 à aujourd’hui alors que ses
profits se sont
envolés ! (Les entreprises du CAC 40 ont gagné
57 milliards de
profits en 2003, 66 milliards en 2004, 87 milliards en 2005, 100
Milliards en
2006 et sans doue davantage en 2007). Que l’on ne nous dise pas que les
caisses sont vides, la « cagnotte privée » n’a jamais été aussi
pleine, les 500 familles françaises les plus riches ont gagné 80 milliards
d’euros de plus en 2006 qu’en 2005, c’est là qu’il faut prendre l’argent,
imposer les sociétés et les grandes fortunes, faire payer les 500 familles, il
y a de l’argent pour les salaires à reverser ! La remise en cause des 35 h
annoncée par le cafouillage des mesures gouvernementales sur les heures
supplémentaires, les RTT, les compte épargne temps, l’intéressement, la
participation, devient ridicule. Il ne résoudra pas le problème de l’écart
croissant entre les prix et les salaires. Il ne résoudra pas l’exigence
grandissante d’une meilleure répartition des richesses produites par les
salariés. Il fallait augmenter le Smic, il fallait aligner par la loi les minima
conventionnels sur le Smic, il faut rendre les heures supplémentaires plus
coûteuses que l’embauche à 50 % dés la première heure, il faut baisser le
contingent annuel d’heures supplémentaires de façon à faire jouer la majoration
à 100 % des heures qu’il engendre lorsqu’il est dépassé, il faut provoquer
les embauches, et faire reculer le chômage de masse, remplacer les partants en
retraite, il faut limiter la durée maxima du travail de 48 h à 44 h,
imposer les deux jours de repos consécutifs hebdomadaires pour tous, il faut
pousser aux négociations annuelles obligatoires, afin de pousser à la fois à
l’embauche et aux hausses de salaires. Là serait la bonne politique
gouvernementale pour commencer un rattrapage des salaires puisque 160 milliards
d’euros sont, hélas, passés des mains des salariés aux mains des actionnaires. Il faut baisser le coût du capital
(pressions, négociations, contrainte, impôts progressifs, directs) et hausser
le coût du travail (pression, négociations, baisse des impôts indirects, hausse
du Smic, et des salaires de la fonction publique). Gérard Filoche, mercredi 19
décembre 2007 |
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