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Pour un programme et une constituante anticapitalistes
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Victoire du Non le 29 mai 2005…. Révolte des banlieues en novembre… Formidable mouvement contre le CPE au printemps 2006… Ces événements le montrent : les salariés et la jeunesse sont en rébellion contre un système qui aggrave l’inégalité, l’injustice et la précarité. La grande majorité du peuple de France rejette les contre-réformes ultra-libérales que des « élites » auto-proclamées, à droite et à gauche, prétendent imposer au pays, au nom de la nécessaire adaptation à la mondialisation.

La grande question qui est maintenant posée est de donner une perspective politique à ce mouvement.

Le gouvernement de droite est largement discrédité. Il s’entête dans sa politique et s’empêtre dans les scandales et les rivalités au sommet. L’issue du mouvement anti-CPE a mis en évidence une véritable crise institutionnelle qui annonce peut-être la fin de la Ve  République.

A l’approche des échéances électorales les appétits personnels s’aiguisent. Sarkozy porte parole de l’ultra-libéralisme chasse sur les terres de l’extrême droite. Quant au PS, il n’a pas rompu avec la politique « sociale-libérale », pro-européenne et atlantiste qui l’a déjà conduit à l’échec le 21 avril. Il rêve d’un gouvernement de centre-gauche, soutenu peut-être par certains centristes et reste sur les positions qui l’ont conduit à l’échec d’Avril 2002.

Mais nous sommes des millions à avoir dit dans les urnes et dans la rue que nous voulions une rupture avec cette politique politicienne, qui bat en brèche les acquis sociaux et précipite dans la misère et l’absence de perspectives des millions de nos compatriotes.

Pour qu’il y ait rupture et vrai changement, il faut passer du rejet plus ou moins vague de l’ultra-libéralisme à un rassemblement populaire. Ce rassemblement ne pourra avoir lieu sans forces politiques capables d’organiser le mécontentement populaire autour d’un programme de démocratisation radicale, dans le domaine social, économique, politique et culturel un programme réellement anti-capitaliste.

Ce programme doit mettre en avant des objectifs clairs et concrets :

 * une véritable politique industrielle et de recherche créatrice d’emplois

* l’interdiction des fermetures d’usines et des licenciements dans les sociétés qui font du bénéfice, et l’interdiction des délocalisations

* le relèvement des salaires et des retraites

* le relèvement des allocations et des minima sociaux

* la retraite pour tous les salariés à 60 ans, financées par la taxation des revenus financiers

* le retour à un fonctionnement de la Sécurité sociale basé sur le principe de la solidarité et son financement sur les bénéfices patronaux

* la révision des taxations sur les hauts revenus et sur les bénéfices boursiers ; la révision de la fiscalité des communes, des départements et des régions en taxant les hauts revenus

* une politique de construction du logement social

* l’interdiction des saisies et des expulsions

* une réforme démocratique de l’éducation

* le renforcement de la laïcité avec l’abrogation des lois anti-laïques

* la sortie du Traité de Maastricht et la renégociation d’un traité sur la base des intérêts des peuples d’Europe.

Pour cela, il faut avoir le courage de prendre des mesures nécessairement anti-capitalistes. Il faut s’en prendre aux profits et à la puissance des banques et des multinationales. Au lieu de privatiser à tout va, il faut que la nation, la collectivité récupère la maîtrise des secteurs décisifs de l’économie, entre autre l’énergie, l’eau, les transports, la santé, les banques, les assurances, etc. Pour cela, il faut que le pays retrouve sa souveraineté et rompe avec la tutelle de l’Europe de Maastricht et de la BCE.

Soixante-dix ans après l’embellie de courte durée qu’a été le Front populaire, soixante ans après la Libération et les mesures économiques et sociales prises sous l’impulsion du Conseil national de la résistance, la France a besoin d’une nouvelle période de progrès pour la société. Personne ne peut décréter un nouveau Front populaire, mais les mouvements sociaux se suivent depuis quelques mois : ils montrent qu’il existe des perspectives de changement, à condition de passer du rejet des effets du libéralisme à la construction d’un projet de société en rupture avec le capitalisme.

Sans en avoir discuté au Congrès ni débattu au Comité national, le comité exécutif du PCF vient de se rallier à un texte signé par quelques personnalités (José Bové, quelques dirigeants de la LCR, Mars, Alternative citoyenne...) qui se prononce pour des candidatures unitaires en 2007 et 2008. Mais cet appel qui dénonce le libéralisme et déclare ne pas vouloir s’engager dans un gouvernement dominé par le social-libéralisme, ne dit rien du contenu d’une autre politique capable de transformer la société, il ne rejette pas le capitalisme. Or à faire passer la question des candidats avant celle du programme, on va vers l’éparpillement, l’échec et cela ne peut que faire le jeu du PS, de la droite et de la bourgeoisie.

Les discussions avec les uns et les autres, à la gauche du PS, n’ont de sens que si elles permettent une convergence autour d’objectifs de lutte clairs et rassembleurs. C’est comme ça que pourra s’affirmer une vraie gauche, capable de battre en brèche l’abstention et l’extrême droite et de renouer avec le monde du travail, les milieux populaires, la jeunesse, l’immigration… Encore faut-il que cette convergence soit ancrée dans un véritable mouvement populaire.

Pour cela il faut que les communistes, au lieu de faire preuve de suivisme, fassent preuve d’audace, jouent leur rôle, se fassent entendre et contribuent à ouvrir une issue, à définir un pro-gramme et à clarifier les conditions du changement.

C’est pourquoi la Gauche communiste souhaite la création d’ateliers populaires dans l’ensemble du pays, pour élaborer des perspectives de changement et préparer la mise en chantier d’une nouvelle Constituante pour une nouvelle République, sociale et démocratique, capable de d’affranchir de la domination capitaliste.

Juin 2006